Catalogue 2012 des Artistes Israeliens.
![]() |
![]() |
Le site sera mis à jour en fonction des inscriptions et n'a pour le moment que valeur d'exemple.
Expo : des "tags" de la rue à l’intérieur d’un musée
Nous sommes déjà habitués à voir des graffitis dans les rues, sur des murs parfois élevés, sur des maisons et dans beaucoup d’autres endroits insolites. Des mots compréhensibles ou non, des dessins petits ou grands en noir et blanc ou en couleur n’attirent presque plus notre attention. Pourtant cette forme d’art demande beaucoup de savoir-faire et de rapidité. N’oublions pas qu’il s’agit en général d’un acte défendu, exécuté en hâte et souvent la nuit. Peut-être est-ce une des raisons pour laquelle cette expression artistique est considérée éphémère et souvent n’est pas reconnue pour sa valeur. Les artistes travaillant dans la clandestinité signent leur dessin de noms fantaisistes, « tag » dans le langage de l’art de rue.

Pour changer notre regard sur cet art, Tal Lanir, administratrice depuis deux ans au pavillon Helena Rubinstein à Tel Aviv, eut l’idée d’inviter 8 artistes de rue pour peindre sur des murs à l’intérieur. Un véritable défi : passer d’un pôle à l’autre, de la rue… à l’intérieur d’un musée.
Pendant quatre semaines « Klone » et les autres artistes vinrent chaque jour pour remplir l’espace mis à leur disposition avec un travail original. Comme « Zéro Cent » qui travaille en noir et blanc, « Klone » affiche une vision d’un futur effrayant, un univers de militaires. Les personnages de « Zéro Cent » rappellent les poupées russes, ne laissant pas vraiment de place à l’individu. Des créatures mi-hommes mi-bêtes reprennent et amplifient l’idée du clonage.
« Foma<3 » eut du mal à faire la transition de l’extérieur à l’intérieur. Sur un grand mur blanc, elle crayonna un portrait énorme avec des cheveux longs et ondulés s’entremêlant à des câbles. Mais ce qui peut avoir un effet grandiose sur le mur d’une maison un peu délabrée où des fils électriques pendent dans le vide, perd de sa force dans ce cadre inhabituel et stérile. Elle réussit cependant à mettre en valeur son savoir-faire incroyable du dessin classique.
Derrière le nom « Broken Fingaz » ne se cache pas un seul artiste, mais un groupe de quatre qui travaillent ensemble, décorant des surfaces à Haïfa. Ici, dans ce pavillon à Tel Aviv, ils exhibent une oeuvre très colorée. Celle-ci ressemble à une cave avec des lumières clignotantes, des piles de boîtes, des affiches représentant des objets américains typiques du milieu du 20ème siècle. Il y a des figures de bandes dessinées, des affiches de cinéma, des reproductions de tatouages, etc., bref un monde un peu grotesque, un peu ancien, mais dans lequel chacun se retrouve.
Les autres artistes aussi surprennent le visiteur par leur façon de présenter le monde. Leurs œuvres sont exposées sur les différents paliers du musée, chaque étage n’étant pas beaucoup plus grand qu’une salle d’exposition. L’univers présenté est parfois amical, parfois hostile, mais chacun se distingue par sa propre manière d’expression. Les travaux sont faits à partir de différents matériaux utilisés de façon conventionnelle ou originale. Ces artistes travaillant dehors ont l’habitude de recycler toutes sortes de matériel.
L’inspiration vient du « pop art » des années 60, du graffiti qui n’est pas beaucoup plus jeune, de l’art classique mais avant tout de leur propre fantaisie. L’art de rue a fait sa première apparition en Israël il y a à peu près 30 ans. Les oeuvres exposées au pavillon Helena Rubinstein ont souvent un caractère universel. Une des explications possible est le fait que quelques uns de ces artistes ne sont pas nés ici, mais en Angleterre, en Union Soviétique ou aux Etats Unis.
Pour clore l’exposition, le visiteur peut voir des graffitis projetés à l’entrée. Ce sont des photos prises dans les rues de Tel Aviv. Voir ces oeuvres dans le cadre naturel de l’artiste ajoute à la compréhension de son talent et permet ainsi une vision plus globale.
Vu que l’art de rue ne s’est pas encore vraiment établi en Israël et que cette exposition est la première dans son genre dans un de ses musées, le quotidien HaAretz en a profité pour publier un long article dans l’édition de fin de semaine. Sous le titre très approprié « Fleurs murales », il raconte un peu l’histoire des artistes et de leur art. Les promoteurs des réseaux sociaux (internet) se sont aussitôt emparés de ce sujet. Afin d’attirer un maximum de visiteurs, il faut le dire haut et fort : l’entrée est gratuite.
En sortant du musée, on tombe tout de suite sur une moto brillante, bleu métallique, attachée à un poteau, une autre œuvre de « Matos ». Maintenant on le reconnaît immédiatement et soudain on est sensibilisé à cet art de rue qui fleurit sur nos murs.








